DJ strasbourgeois, digger et collectionneur de vinyles depuis le début des années 2000. Influencé par Laid Back, Larry Heard ou encore DJ Bouto, il a l’art de créer des atmosphères singulières.

Entretien avec GLENN PRINZ

KALT, Strasbourg

Comment et quand as-tu débuté le mix ?

Milieu des années 90 adolescent j’allais en vacances l’été chez mon frangin Nicolas, DJ Bouto. Il me faisait découvrir des artistes comme Autechre, Jimi Tenor, Leila ou Aphex Twin. Le track Windowlicker édité en 1999 sur Warp est une merveille de folie. Parallèlement, je découvrais la musique techno de Détroit avec des artistes comme James Pennington ou Jeff Mills. J’ai eu la chance de les voir et de les écouter en live à la Poudrière de Belfort, c’était extraordinaire. J’étais fasciné par le fait que deux disques tournent ensemble. Ensuite j’ai commencé par m’acheter des vinyles, non pas pour mixer, mais parce qu’ils me plaisaient et que je trouvais subversif de me procurer la musique dans laquelle je m’identifiais de cette manière alors que tout le monde ne jurait que par le CD.

Les points clés dans ton parcours?

> Fin des années 90, immersion dans le milieu de la fête et des musiques électroniques dans le triangle vertueux Mulhouse Basel Belfort.
> Les magasins de disques spécialisés et indépendants, je pense à Sonic Control à Belfort tenu par Did’j’Did ou chez les Pinguins à Montpellier.
> 2001, je m’achète ma 1er MK2.
> 2005, je mixe avec Gary Martin [Teknotika] au Trolleybus à Strasbourg.
> 2009/2011, immersion dans le studio La Bande Adhésive  pour la production musicale et création du duo Alf Brozzer avec Dj Bouto où l’on combinait le mix aux vinyles et le live en se synchronisant à l’oreille.
> 2018, collaboration avec la compagnie de théâtre Kalisto pour la mise en scène de Oxygène de Ivan Viripaev. En décembre de cette même année, je décroche une résidence au K//ALT.

Comment définirais-tu ton style?

J’essaie justement de m’en affranchir, j’ai jamais aimé les étiquettes. Je trouve intéressant dans le djing de se jouer des styles et de trouver un fil conducteur. Raconter une histoire. J’insiste sur le fait que je fais toutes mes prestations aux vinyles, ce qui suppose une technique et une vision. La confusion n’a pas sa place. En me produisant en live avec cette configuration, je prends un risque … et j’aime le prendre. C’est en usant d’efforts qu’on arrive à faire du bon travail, c’est à dire maintenir un équilibre entre la pression et les rebondissements. Mixer aux vinyles, c’est comprendre un feeling. Je défends du savoir faire.

Tes settings préférés?

> En 2010 pour Ososphère avec la configuration Alf Brozzer , j’étais impressionné par le côté grandiose de l’évènement et la puissance sonore.
> Juin 2018 au DMC Festival Mécaniques Urbaines (Mulhouse) en plein air pour la représentation d’ “Oxygène” avec la compagnie Kalisto, merveilleuse aventure humaine.
> Été 2018, j’ouvrais pour Kim Ann Foxman au Kalt, j’adore cette artiste, c’était un honneur de partager le plateau avec elle. On pense à Hercules and Love Affair aussi. Une nuit riche en couleurs, merveilleux.
> Ma dernière prestation au Kalt pour la nuit avec Marcel Fengler, j’étais en All Night Long sur la mezzanine, la connexion avec le public était incroyable.

Tes projets?

> En production musicale avec Arco Trauma. On vient de remixer un track de Jamie Paton qui s’appelle Syrens.
> Toujours en production, élaboration de 3 titres avec des amis musiciens.
> Me dégager du temps pour digger.
> Continuer à travailler ma technique et mon imagination pour proposer des dj sets originaux et puissants afin que l’on partage tous ensemble des moments extraordinaires.

Un message?

Amusez-vous sérieusement, la vie est courte.
Je vous conseille l’écoute du mix de Carlos Souffront -Techno Ruined My Life: The Hostile Ambient Takeover Mix (sur SoundCloud)
Je vous conseille aussi la lecture de Éloge de la fuite écrit par Henri Laborit
Prenez soin de vous :’)

Pour faire un tour d’horizon complet et imager ses propos, on vous propose d’écouter son nouveau podcast sur notre chaîne :

KALT · KALT Podcast #1.5 // Glenn Prinz